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24 septembre 2008
(0086)
amour du prochain
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Aimer
est
utilisé
seize fois, mais amour
deux fois
seulement dans La Révélation d'Arès. Rareté
curieuse de
prime abord dans un Message venu de l'univers, qui de bout en bout
vibre d'Amour
pour
l'homme. Cette rareté, en fait, veut marquer le sens très
fort que la Parole donne à amour:
Au verset 7/5, qui recommande que
la Volonté qui
sauve et l'anéantissement
(l'auto-extinction)
des âmes rebelles ne soient jamais rappelées
à l'humanité avec menace, mais toujours avec amour,
dans une perspective de renaissance du bonheur
perpétuel, parce que
Volonté
qui sauve désigne
seulement ce qui
fut voulu
dans la Création: une humanité rendue heureuse et invulnérable par la Vie
spirituelle,
anéantissement des âmes rebelles
n'a pas de sens tragique, mais signifie que, conformément à l'évolution
et déjà
depuis des millénaires, une
humanité qui a choisi librement la raison du plus fort (Rév
d'Arès, Adam, 2/1-5) contre la Vie (Rév d'Arès
24/5)
spirituelle et l'intelligence
du cœur (32/5) n'accouche plus que d'enfants
sans âme (17/3), une âme
que chaque individu adulte doit maintenant recréer pour lui-même par la
pratique du bien.
Au verset 25/7 pour souligner que
l'amour est sagesse,
sans laquelle le monde ne trouvera pas le bonheur, mais n'est pas sagesse
de prince,
n'est pas une ruse (Rév
d'Arès 4/3) pour avoir l'air d'aimer le désapprobateur ou
l'antipathique afin de
mieux le capturer ou l'éliminer ensuite.
L'amour
du prochain
n'est pas sélectif.
Il n'est donc pas amour d'instinct, de tendresse ou d'attirance comme
l'amour parental, l'amour romantique ou l'amitié.
C'est amour de
sagesse, un amour d'immense
portée civilisatrice.
Aimer tout humain, proche ou
lointain, ami ou ennemi, est sage, parce que
la sagesse
consiste à changer le
monde en bien (Rév d'Arès 28/7), à
chercher en
tous domaines équité (Rév d'Arès 28/10),
consolation et paix (28/15). Pour y parvenir il faut que
l'amour et l'intelligence
spirituelle (Rév d'Arès
32/5) contrebalancent
l'intelligence
intellectuelle, dont les pires formes — contrairement aux affirmations
rationalistes — ont fait régresser l'humanité, comme l'apriorisme,
le
légalisme, le juridisme, le scientisme et même la morale, parce que la
Parole du Créateur n'est pas faite de morale, mais d'amour.
C'est ce sens-là que La
Révélation d'Arès donne à l'expression Père
trop
aimant (12/7).
Le Père,
pas plus que l'homme, son image
(Genèse 1/27), n'est naturellement attiré vers des
créatures malfaisantes. Mais le Père, pour voir renaître le fleuron de
sa
Création: Éden, doit décider l'homme à changer
sa vie (Rév d'Arès 30/11). En toute justice, il ne peut
retirer à
personne, même au malfaisant, le droit d'entrer en pénitence
(Rév d'Arès 8/6,
31/2, 33/13).
Question d'absolu! Comme la liberté
absolue de l'homme (Rév d'Arès 10/10), l'Amour
absolu du Père
ne peut
qu'être absolument voulu.
"Le Pèlerin
d'Arès
1993-1996" parle longuement de l'amour (p.460). Ce blog
0086 souligne seulement l'aspect existentiel (ou existentialiste) de l'amour
du prochain, qui résulte nécessairement d'une
détermination libre d'échapper
à l'égocentrisme aujourd'hui fatal de naissance. Sauf chez certains
êtres doués, notamment certaines femmes (j'y reviens), l'amour
du prochain n'existe que choisi, voulu, puis
graduel,
perfectible,
sans
jamais s'égarer dans la passion réservée à l'amour romantique, parce
que la passion frise le dérèglement, que seul l'amour romantique peut
atteindre sans dommage. L'amour
du prochain, lui, est mesuré (Rév d'Arès 7/6, 25/9,
etc.), sa mesure est fixée:
Aime
ton prochain comme toi-même (Lévitique 19/18).
Tout comme la pénitence —
l'effort d'être bon — commence
par une décision, se développe par la pratique du bien, mais ne devient
naturelle qu'avec le temps,
l'amour qu'on donne même à l'homme répugnant ou
dangereux — celui qui a le pus
ou le
ver ou l'hameçon à
la lèvre (Rév d'Arès xxii/8) — doit être construit et
expérimenté de toutes pièces.
Un
croyant, quand il n'est pas qu'un mouton, a
besoin de l'idée juste de
vérité, mais ne l'acquiert qu'avec le temps, parce que la vérité ne se
réduit pas à une formulation ou une énumération de principes, mais a
besoin d'un vécu. A fortiori dans le domaine de l'amour.
Des femmes — pas toutes, loin de là — développent cette vérité, donc
aussi l'amour du prochain, relativement vite,
parce qu'elles sont maternelles, ce que
les
hommes devraient être aussi, mais
ont oublié (Rév d'Arès 2/3). De ce
fait, l'intelligence spirituelle de la femme est un
moins faible
lumignon (Rév
d'Arès 32/5). La plupart des hommes doivent
être beaucoup plus existentiels qu'elles. Ils doivent capter
au fond d'eux, avant de pouvoir
aimer le prochain,
les voix de la sagesse, qui dit que l'humanité ne connaîtra jamais le
bonheur sans
ombres, ni guerres, ni
maladie, ni mort, aussi longtemps qu'elle séparera ses éléments
déplaisants ou négatifs de ses éléments plaisants et positifs, qui tous
ensemble constituent cet absolu — le Grand Tout — dont fut fait et
dont
sera fait Éden.
L'amour
du prochain ne se soucie pas du descriptif et des
qualifications de
l'aimé, puisque l'aimé, c'est
tout le monde. N'importe qui vaut n'importe qui dans l'absolu, mais on
ne peut s'étonner qu'il faille progresser
longtemps avant d'en arriver à ce point de conception du monde, qui
confine au point de conception de la Création initiale.
La foule, innombrable, programmée par le battage politique, que
relaient sans cesse les media, croit qu'on peut vivre sans amour
du prochain, simplement dans la paix des lois, du contrat
social, des
débats "démocratiques" et du réalisme économique. La masse ne voit pas
que, comme manger ne va pas sans boire,
vivre ne va pas sans vivre spirituellement. Sinon
c'est rêver en
s'imaginant que des codes, une police, une administration suffiront à
faire le bonheur du monde. Rêver à une société sans amour est même
rêver dangereusement. La preuve
en est
que la guerre entre les peuples n'est jamais très loin. On l'a vu au
XXe s. dans deux guerres mondiales épouvantables au cours desquelles il
a été incroyablement facile de vêtir d'uniformes et d'envoyer des
millions s'entretuer... et même se haïr. Et ça continue hors d'Europe.
Si, tous les jours, on
veut nous convaincre que nous ne pouvons pas vivre sans consentir à des
lois, des impôts et d'autres contraintes de plus en plus
pressantes, c'est de peur que nous nous apercevions, un beau jour, que
les lois, les impôts et les autres contraintes ne sont
plus nécessaires quand l'amour du prochain est là,
et que la
politique et la
religion n'ont plus qu'à disparaître.
La vie est capable de beaucoup plus que s'efforcer de durer et
s'organiser. Avec
l'amour elle
est capable de se recréer, de s'épanouir et de se développer sans
cesse, individuellement comme socialement.
Si vous voulez être autre chose et même beaucoup
plus que ce qu'il vous est ordonné d'être, faites confiance à
l'amour. Choisissez cette voie et, même si
elle est ingrate et rocailleuse (Rév d'Arès 25/5)
au début,
obstinez-vous dans cette voie-là.
De
votre amour
du prochain
naîtra une autre planète.
Non, le
christianisme ne sera pas un échec interminable.

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8 septembre 2008
(0085)
triste politique et pauvre
Giordano
Bruno
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J'engage ma voiture dans un
étroit raccourci, petite rue habituellement
déserte. Un motard
m'enjoint de m'arrêter, calot gaillard, bottes cirées miroir, son
cheval (race
BMW, superbe!) sur béquille à proximité. Un peu plus loin sont garées
des voitures bien chamoisinées autour desquelles piétinent des hommes
en uniforme noir
ou
complet-veston
gris croquemort.
Le motard se penche vers moi: "Êtes-vous des invités, Monsieur?" Il
doit s'agir d'une cérémonie d'inauguration.
Je ris: "Le vent de la République ou de la politique ne m'apporte
jamais d'invitation, sauf l'invitation à payer
des impôts."
Un chauve en civil, brossé-repassé, s'approche de nous:
"Qu'est-ce que vous dites sur la République ou sur la politique?"
Je
souris large: "La preuve du vent, c'est l'agitation des arbres, la
houle sur la
mer..." D'un geste large mais sans la moindre irrévérence je désigne le
rassemblement
d'autorités dans la rue. "Mais nous
devons payer
pour le
vent. Je n'ai rien dit de plus"
Lui, subitement énervé: "Sortez de la voiture! Montrez-moi vos
papiers."
Moi (sans sortir de la voiture): "Je vais chez mon coiffeur,
j'ai probablement oublié mes papier..." Je farfouille. "Vous avez
de la
chance! J'ai mon permis." Je lui tends un porte-carte transparent.
Lui:
"Sortez le document du porte-carte!" Je m'exécute. Il
saisit le vieux carton rouge, ramolli, écorné par
les
ans. Le vieux photomaton sur le permis et le vieux barbu
devant lui ne se ressemblent plus vraiment; ça le fait tiquer.
Manipulant le document
comme un laborantin une crotte de chien il essaie de déchiffrer mon
nom:
"Vous vous appelez..?"
Moi: "Michel Potay."
Ça lui rappelle
quelque chose. Quelques secondes il fouille sa mémoire. "Nous nous
connaissons," demande-t-il?
Moi: "J'en serais tellement
heureux. Hélas, je ne crois pas."
Il se remet à
déchiffrer mon permis. "Vous êtes né en 1929?"
Moi: "Exact. Vais-je
être fiché, quoiqu'il y ait très longtemps que je n'ai pas eu 13 ans
(Je pense
à Edvige, le nouveau fichier de police)? Des fiches administratives ou
des feuilles
d'impôt,
c'est à peu près tout ce que le vent m'apporte comme preuve de son
existence."
Lui, tranchant: "Pour vous la
République est du vent? Vous devriez vous taire, Monsieur!"
Moi: "Si vous appelez République, ou politique, la bise que vous
soufflez sur moi ici, inopinément... J'en déduis que ce n'est que du
vent. Giordano Bruno disait: 'Prenons
l'évidence pour unique juge du vrai, et sans évidence sachons douter.'
On regrette que Giordano Bruno fût réduit en cendres, lui, une évidence
de la
sublimité humaine, une évidence que la grande évasion de l'âme
loin des ténèbres
religieuses et politiques est possible. Mais qu'est-ce qui souffla sur
son
bûcher sinon le vent?"
Lui: "Qui? Jordo quoi..?"
Moi: "Giordano Bruno, XVIe siècle. Les forces de sécurité de son temps
en tourmentant ce bonhomme croyaient agir pour la sécurité du peuple,
mais comme notre Père du Ciel je
doute que les pouvoirs aient jamais assuré autre chose que leur propre
sécurité. Ne voyez pas de mépris dans ce que je dis!"
Il bout. J'ajoute, pour détendre un peu l'atmosphère:
"Puis-je savoir à qui j'ai l'honneur?"
Il se détourne, me rend le vieux carton rouge fatigué. "Il faut faire
refaire ce permis!" Il claque dans ses mains: "Allez! Circulez!"
avec la souveraine condescendence du confesseur qui absout (à regret)
le grand pécheur.
Je démarre, fixant anxieusement dans mon rétroviseur ces prêtres
du prince du culte
politique que La Révélation d'Arès ne distingue pas
des prêtres du prince du culte
religieux.
La politique et notre sécurité? La politique, cause des gigantesques
massacres de 1914-1918 et de 1939-1945, qui ajoute à sa liste
d'abattoirs ceux d'Iraq, d'Afghanistan, de Géorgie? La politique qui ne
peut
rien contre la hausse des prix ou contre la crise économique, mais qui, par contre, fiche les citoyens "susceptibles de troubler
l'ordre"
(personne ne sait ce que ça signifie exactement) dès l'age de 13 ans?
Certes, les
hommes sont violents, mais leur violence
ne disposerait jamais, sans la politique, des pharamineux moyens de
guerre, de conquête, de destruction
ou de répression massives que nous déplorons. Certes, les hommes sont
menteurs, voleurs et querelleurs,
mais ne pourraient jamais donner à tous ces péchés commis
individuellement les fantastiques dimensions que la politique seule
peut leur donner institutionnellement.
La Révélation d'Arès
dénonce le roi noir
comme le roi blanc, parce
qu'ils s'autorisent les pires péchés pour lesquels, par ailleurs, ils
condamnent
l'individu qui s'en avise. Outre son souci de garder aux
hommes leurs défauts et faiblesses pour mieux les manipuler — de là son
incapacité à faire le
bonheur des
hommes —, la politique a hérité de sa mère la religion la
sacralisation
du pouvoir et de
la loi, l'incarnation du tout puissant, l'excommunication ou
l'inquisitionnement des détracteurs. La
Révélation d'Arès dit que, même quand la
politique fait le bien, les hommes feraient ce
bien sans la politique, et feraient même beaucoup mieux. Comment ne pas
douter du bien-fondé de la politique?
Quant aux victimes de la
politique et de sa mère la religion, mille pages de ce blog ne
suffirait pas à en faire la liste, mais pourquoi ne pas au moins dire
quelques mots de Giordano Bruno, puisque je l'ai cité — pure
contingence — à l'officier de police (peut-être un commissaire)? Je ne
partage pas toutes les idées de Bruno, mais son méfait, je le partage,
à savoir chercher la vérité et la dire.
Giordano Bruno était prêtre et docteur en théologie en
1578, à Naples. Il eut alors le courage de penser. Il en vint à dire et
écrire que beaucoup de ce qu'il était sensé croire et chargé
d'enseigner était faux, n'était que dogmatisme, le trône
ancien, le vieux truc "sacré" sur lequel s'était assis tout
pouvoir
depuis toujours (Rév d'Arès 22/5-6). Comprit-il
que le vrai siège du bonheur
des hommes était ailleurs, dans l'amour, dans le Bien
libre?
Oui, mais il était moins
doué pour la spiritualité, chez lui imprégnée "d'émanatisme"
néoplatonicien, que pour la logique. Il eut ainsi l'intuition logique
des
infiniment petits et des infiniments grands s'enchaînant, innombrables,
pour
constituer tout ce qui existe, y compris l'homme. Il comprit alors
l'infinitude de l'univers. Des concepts contraires à ceux alors
enseignés par l'église. Giordano Bruno dut fuir l'inquisition
catholique. À Genève il
crut trouver des vrais croyants libres, mais ne trouva que
l'inquisition protestante. Il fuya à Paris, Toulouse, Londres. Il
enseigna dans chacune de ces ville, puis, sans doute par mal du pays,
il revint
en Italie, où il mourut sur
le bûcher de l'Inquisition d'une mort atroce, à Rome en 1600. Quand,
avant d'allumer les fagots, un moine éleva
vers lui une croix
pour qu'il l'embrasse, il s'en détourna avec colère, ayant depuis
longtemps compris que cette croix-là n'était que le
bâton
de commandement
des princes (Rév d'Arès 3/6).
Augusto Guzo, qui étudia la vie et l'œuvre de
Giardano Bruno,
dit: "[On peut discuter des idées de Giordano Bruno, mais] ce qui
demeure indiscutable, c'est la force de l'enthousiasme intellectuel
avec lequel il célébra, comme divine, l'infinie diversité de la nature
universelle."
Depuis le
bûcher de Giordano Bruno, la politique
semble avoir triomphé de l'obscurantisme, en
laissant librement s'exprimer croyances et pensées. En fait,
l'obscurantisme a seulement été réencadré. La politique consiste
toujours
à prendre le pouvoir, à le garder et, pour ainsi faire, à empêcher
d'agir toute contradiction attendue ou inattendue. En politique la
seule chose qui a évolué,
ce n'est pas le fond, c'est l'expérience. La politique a appris
qu'il ne sert à rien d'empêcher de penser pour penser, parce que
quiconque pense pour penser — on appelle ça l'activité intellectuelle —
allume un feu dans le désert. Vu de loin, c'est même joli et la
politique laisse
dans le désert se multiplier les feux dont le spectable évoque les
effusions de la sainte générosité de l'État. Mais
qu'un de ces feux — c'est rare, mais ça arrive — déborde du désert,
poussé par le Souffle du Créateur,
éclaire, réchauffe et produise de la vapeur qui actionne la
machine humaine, l'obscurantisme réémerge aussitôt. L'obscurantisme
réapparaît dès qu'une pensée "incorrecte" s'active concrètement,
s'accomplit (Rév d'Arès
35/6).
Au temps de Giordano
Bruno, l'obscurantisme, c'était la théologie. Toute rediscussion des
dogmes était considérée comme pensée active, le penseur
était flétri et mis à mort. Ça paraissaît tout
naturel à la masse moutonnière. Aujourd'hui, la valeur
"sacrée"
de la
théologie s'est changée en valeur "sacrée" de l'opinion,
laquelle est savamment actionnée comme un instrumnt de torture, voire
d'exécution. Plus besoin de tuer l'homme, faire douter de son
honorabilité suffit. Ça paraît
tout aussi naturel à la masse rendue, par le moyen des media, tellement
plus moutonnière qu'au XVIe siècle.
Je crois que la police au service de la politique
sait
tout cela,
mais, que voulez-vous? il faut bien gagner sa vie. C'est une souffrance
que d'expérimenter, au
détour d'une petite rue, la distance qui nous sépare de ces hommes, nos
frères, parce que la dureté de l'existence les force à choisir
d'ignorer l'évidence. Cette évidence dont parlait Giordano Bruno. C'est
aussi une raison de plus pour intensifier notre mission,
faire de mieux en mieux connaître nos grandes espérances.

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Commentaires
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6 août 2008
(0084)
hé! jeunesse! fais rajeunir le
monde! (méditation)
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Hé! Jeunesse! Fais
rajeunir le monde! Spiritualise-le! Désembourgeoise-le!
La jeunesse ne se compte pas en années, mais en capacité de détachement
social et matériel, dont le contraire, la dépendance sociale et
matérielle, cause l'embourgeoisement.
Chaque jour l'embourgeoisement s'étend, vieillit
et déspiritualise le monde, si tant est qu'il y reste quelque
spiritualité notable.
Chaque jour, La Révélation d'Arès devient
l'emblème plus évident du
désembourgeoisement.
L'embourgeoisement
ne résulte pas d'un complot social, il n'est ni une
philosophie matérialiste ni un vice. C'est un tissu autogénéré de peurs
spécifiques: peur de manquer, peur d'être méjugé, peur
de sortir du moule social, etc. C'est par ces peurs-là que la
politique, les
mass-media et la religion nous dominent. Riches
ou pauvres,
nous sommes presque tous embourgeoisés.
C'est
pourquoi des
insondables fonds de l'éternellement jeune Création, où n'existent ni
temps ni peur, est descendu l'Appel
libérateur: Changez!
S'il est au moins un échelon de
l'insurgeance (Le Pèlerin d'Arès 1989, p.236), pacifique,
sympathique, mais courageuse, que tout vrai croyant doit atteindre,
c'est son désembourgeoisement.
Une sorte de métamorphose à l'envers, le retour à la foi
du conquérant spirituel qui réendosse sa jeunesse passée autant qu'il
s'inspire de la
jeunesse autour de soi.
Personne ne naît
bourgeois. Shelley, le poète, citait la mère élevant son nouveau-né
à bout de bras et lui criant:
"Parle, mon bébé! Révèle-nous ton immortelle vérité!"
Le Créateur ne rappelle-t-il que l'homme doit toujours croire
en sa vérité
native? — Faites-vous
aussi jeunes que ce petit enfant... (Matthieu 18/4-5, 19/14),
N'accumulez pas les sécurités sur terre, assurez votre sécurité
spirituelle... Ne vous inquiétez pas pour votre vie... Regardez les
oiseaux du ciel... (Matthieu 6/19-26) —.
Nous naissons vrais et nous
resterions vrais, si le péché ou le mal, bien sûr, mais
aussi leur environnement, dont
l'embourgeoisement, n'éteignaient
pas notre intelligence (Rév d'Arès 32/5).
C'est ainsi que, vite
vieillissant, vite faible lumignon, chacun de nous
doit se créer une âme (Rév d'Arès 17/4) pour
survivre.
Se désembourgeoiser n'est pas renoncer à la vie, aux joies
et aux biens du monde, une abnégation qui
n'a pas de sens en soi — Les clergés
qui font vœu de célibat et de pauvreté n'ont guère changé le
monde
en bien (Rév
d'Arès 38/7-8).
Se désembourgeoiser, c'est se délivrer de
la
peur de perdre et d'être méjugé, c'est raviver en soi la fête
permanente de la jeunesse (Rév
d'Arès 30/11), c'est s'enhardir à s'envoler au-dessus de la citadelle
(Rév d'Arès 13/7-8)
du monde pour faire lever les regards vers les faucons (Rév d'Arès xLv/14-26) prophétiques.
Pourquoi l'embourgeoisé est-il si difficilement crédible quand il
appelle
d'autres embourgeoisés à changer? En
appelant à la pénitence il appelle
l'homme à être bon,
à pardonner,
à faire la paix,
à
être spirituellement libre
et intelligent.
Ces valeurs sont apparemment propres à plaire,
qui semblent simplement morales,
dématérialisées, sans compromission sociale, pleines de beauté
(Rév
d'Arès 12/3)... Mais
c'est comme un tremblement de peur bourgeoise dans l'appel que
le
public sent. Le désembourgeoisement n'est pas dans les mots, pas sur le
tract. Il est dans le mystère du tout qu'est la chair, l'esprit et l'âme
(17/7), l'homme de bien vivant quoi! L'homme de bien
jamais aussi homme, aussi vivant et aussi vrai qu'en étant jeune!
Retrouvons le mystère de la jeunesse!
Jeunesse! Prends les commandes, car pour les rejeter loin derrière
l'horizon
avec la Bête (Rév d'Arès 22/14), il faut bien les
prendre d'abord! Révolution? Non. Insurgeance? Oui
(Le Pèlerin d'Arès 1989, p.236).
L'embourgeoisement s'encoconnait dans le fil de la religion et de sa
sœur
la politique. Il s'encoconne maintenant dans le fil de l'industrie et
de sa sœur la banque. Ce cocon s'enroule déjà autour des Asiatiques,
qui s'imaginent y rester bien au chaud. Les peurs qui tissent
l'embourgeoisement s'universalisent: Notamment, la peur de perdre
l'énergie et les
gâteries dont la modicité dépendait jusqu'à présent de la misère des
producteurs qui,
par effet d'imitation, s'embourgeoisent à leur tour. Mais plus
encore la peur que "l'Ordre" disparaisse et avec lui le bon rapport de
l'argent, la sécurité sociale, la retraite, qui passent pour des
"acquis" de la lutte sociale ou de la civilisation
— les
Égyptiens, Grecs et Romains
antiques eurent leurs propres acquis, depuis longtemps évanouis —, mais
qui ne
sont qu'aubaines menacées d'extinction par l'instabilité du
matérialisme, par nature grossier, instable et
volcanique, que personne dans l'Histoire n'a jamais pu
maîtriser.
Après les rivalités religieuses et politiques, voilà celles qu'organise
le
monde industriel et bancaire à son tour. Leur enjeu est tout autant
incertain:
Il n'y a
jamais la bonne voiture, jamais le bon avion, jamais la bonne machine,
jamais la bonne politique, jamais la bonne loi, jamais le bon taux de
change, jamais le bon stock-exchange ; il faut toujours et
toujours créer du nouveau, supposé meilleur,
et qui naturellement coûte encore plus cher et ne satisfait
personne.
L'impossible
ne devenant jamais réalité, c'est l'impossible qui
gouverne le monde. Alors, il n'y a pas d'avenir, les chevaux
du "progrès" galopent vers rien, rien, rien. Seule la vie spirituelle
peut raffiner, renforcer, stabiliser la vie, mais de vie spirituelle il
n'y a que quelques frémissements dans la société, très dispersés ou
même inaperçus, comme ceux que
provoque La Révélation d'Arès.
Certes, au milieu de ce monde embourgeoisé, des religieux prient
et prêchent, des
humanistes philosophent, des
écologistes manifestent, mais leur défaite est déjà évidente,
parce que l'idéal ne suffit pas, il faut aussi une force matérielle,
concrète,
pour combattre le matérialisme bourgeois, dont le réalisme submerge
tout — À quoi rêvent même les "travailleurs", les classes
populaires et plus encore le misérable tiers monde, sinon d'avoir des
privilèges bourgeois bien concrets?
Concrètement, le seul moyen de vaincre l'embourgeoisement, dit La
Révélation
d'Arès, c'est que chaque homme change sa
vie
objectivement, dans les faits, de sorte qu'il découvre dans l'amour,
le pardon, la paix, la liberté
et l'intelligence spirituelles, les plus hautes
causes de joie et de fête (Rév
d'Arès 30/11), de bonheur (37/9, xxvi/12)
et même
d'intérêt matériel (26/8-9). Le changement personnel
effectif, réel,
des pénitents
(= tout bonnement
ceux
qui changent en bien) engrènera
le changement du monde (Rév d'Arès
30/11, 28/27), ce que des technologies, des
discours, des lois, des traités, des accords, n'ont jamais pu faire..
Seule l'éternelle Parole du Créateur,
contre-culture
par excellence, reprise par La
Révélation
d'Arès, peut, si elle est accomplie (35/6,
36/8),
vaincre l'embourgeoisement — notre embourgeoisement —, peut-être la
forme la plus pernicieuse du mal déguisé en bien et en raison avant
qu'il ne survienne sous une autre forme: le péché des péchés
(Rév d'Arès 38/2).
Comme un coin dans une souche pourrissante, nous devons par
notre changement
pénétrer cette
récente, mais déjà trop vieille culture industrielle, qui, bien que
répétitivement désillusionnée comme l'avaient été de précédentes
civilisations, s'accrochera longtemps à la terre, parce que rien de
bien convaincant ne vient l'en arracher.
Même si le prochain président des USA est Barrack
Obama, qui ne sait que, malgré ses qualités, il ne sera jamais qu'un
politicien et un
bourgeois de plus,
c'est-à-dire un espoir de moins pour le monde? Provisoirement c'est
bien, mais idéalement c'est faire du surplace. Aucun espoir
de
justice, d'égalité, de richesse et de santé pour tout le monde sur
terre, tant qu'une
minorité prospère vivra sur une majorité sacrifiée. Aucun idéal
général
n'est réalisable par la politique, laquelle est toujours partisane.
L'idéal général sera réalisé par l'homme de bien,
croyant ou non, toutes races confondues, toutes frontières effacées,
tous préjugés oubliés. C'est à cette aune qu'on mesure l'ampleur de
l'utopie qu'est La Révélation d'Arès, qui ne peut venir
que d'un Père
dont l'Univers sans
fin (Rév d'Arès 12/4)
est une utopie, que la science hier encore
estimait impossible: quelque chose sans dimension ni fin et pourtant
bien
réel. Les télescopes l'attestent. Nos âmes sont les
télescopes infaillibles de la vie
infinie (Rév d'Arès 17/3, 32/3).
Dans la jeunesse fleurit la plus forte espérance! Cette
espérance — l'espérance que chaque homme et
que le monde des hommes peuvent changer — le Père
lui-même l'alluma en moi comme un Feu en 1974 et 1977.
Ce même Feu
que chaque été
des pèlerins viennent prendre
à Arès (Rév d'Arès xLi/7), mais que tous les
hommes
de bien du monde allument en eux partout, chaque jour, par le
Bien qu'ils
poursuivent.
Jeunesse!
Celui qui vous parle est un vieux auquel le Créateur dans sa Bonté
redonne chaque jour la
jeunesse! Être jeune, ce n'est pas sacrifier ce qu'on a. C'est ne pas
avoir peur — typique peur bourgeoise — de perdre ce qu'on a, qui le
plus souvent n'est rien d'autre que sa réputation, plutôt que de
renoncer à ce qui fait la gloire
(Rév d'Arès 34/2) de l'humanité.
Jeunesse! Appelez le monde à entrer
en pénitence!
Difficile? Bien sûr. Et
même très difficile! Mais ce monde
n'a pas été créé pour des bourgeois qui n'attendent plus rien d'un
idéal, quand ils attendent encore quelque chose
d'eux-mêmes. En tout bourgeois dort l'anti-bourgeois. Réveillez-le!
Jeunesse! Descendez dans la rue et allez sur
les places pour
y appeler le monde! Montrez-vous! Chantez, poétisez,
écrivez, faites-le comme vous voulez, mais appelez ce monde à redevenir
jeune, à redevenir jeune avec vous, à refaire naître et cultiver l'amour,
le pardon,
la paix,
la liberté
et l'intelligence
spirituelles!

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1ER JUILLET 2008
(0083)
bientôt le moyen-âge
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Le Pèlerinage d'Arès 2008 a
commencé,
comme
chaque année, le 21 juin. Tous les jours nous y allons depuis
Bordeaux, sœur Christiane et moi, en voiture (aller et retour: environ
104 km). Nos finances étant plus limitées que celles des émirs
d'Arabie, ce trajet quotidien nous coûte cher
et, comme à Wall Street on
parle déjà du baril de pétrole à 200 Dollars, nous nous disons
qu'un jour nous n'irons plus à Arès qu'un
jour sur deux ou sur trois.
Et puis, le pétrole se raréfiera,
le carburant sera hors de prix, et "nous irons à Arès en brouette,
Christiane ou Michel dans la brouette et l'autre la poussant tour à
tour, 10 kilomètres
par 10 kilomètres, parce que nous serons trop vieux pour faire le
trajet complet à pied," disons-nous, à grands éclats de rire, comme
deux bons vieux
fous à lier. Nous ajoutons: "À condition qu'il reste encore quelques
points sur nos
permis
de conduire les brouettes, parce que les politiciens, qui ne reculent
plus devant l'absurdité totale — comme leur loi des 35 heures voulait
donner du travail en empêchant de travailler, leur permis à points veut
faire des Français des conducteurs modèles en leur interdisant de
conduire —,
les politiciens, disais-je, traient à pleins seaux de
lait-amende+punition chaud et bien gras les voyageurs les plus
raisonnables! Dernièrement, 95 au lieu de 90 km/h... Paf! Un point de
moins. 54 au lieu de 50 km/h... Paf! Encore un point de moins. Comme
vous devez regarder la route et pas seulement le compteur (enfin, moi,
je conduis en regardant la route de temps en temps... pas vous?), je
vous mets au défi de déceler à l'oreille la différence de
régime-moteur entre 95 et 90 ou 54 et 50 km/h. Le plus raisonnable
conducteur est refait de quelques points et Euros à
chaque radar! Nous vivons des temps où les politiciens et les marchands
du pétrole deviennent plus bêtes et méchants que
les
bons vieux ne deviennent fous à lier. Je ne juge
pas (Rév d'Arès 35/9), je constate par
moi-même, c'est tout.
Je me demande tout aussi légitimement ce que l'avenir nous
réserve.
Peu de gens savent
que la
Chine détient plus d'un quart
des réserves mondiales de change. Un état qui paie ses employés
30€/mois est forcément très riche. Chaque jour, tandis que
nous
Occidentaux essayons d'acheter le pétrole un peu moins cher, l'agent
de la Chine à New York renréchit, parce que la Chine veut avoir la
première industrie du monde et ne recule devant rien pour la pourvoir
de l'énergie nécessaire. Alors, chaque jour le prix du pétrole monte un
peu, il ne baisse jamais. Cette course à
l'énergie va refouler des milliards d'humains de base vers un
nouveau moyen-âge.
Je me souviens d'un temps, pas si lointain, — les
années
80 — où Jacques Ellul écrivait "Le Bluff Technologique." Je lui
avais fait porter un exemplaire de La Révélation
d'Arès. Le commissionnaire me rapporta, je ne sais si c'est
vrai, qu'Ellul se
moqua durement de ce saint livre. Eh bien, aujourd'hui, nous voyons
bien qu'il n'y a pas à prendre les technologues pour des bluffeurs. Ce
sont eux qui boivent toute l'énergie de la terre. Le temps n'est
peut-être pas si
loin où le bec de fer (la technique à son
point le plus dangereux) essuiera
même la mer comme la sueur (Rév d'Arès xii/8). Cette
mer,
qui perd déjà tous ses poissons surpêchés, qui est
déjà polluée, dont on captera les forces de marée et
dont on extraira l'eau douce et l'hydrogène. C'est à la mer
qu'on tirera d'une façon ou d'une autre l'énergie que le pétrole ne
pourra plus fournir.
Remarquez bien, la
mer ne sera pas la seule exploitée. Il y aura l'air. On parle
aussi de rouvrir les mines de charbon. Peut-être bientôt les
usines de brouettes?
Je me demande si l'on ne
rouvrira pas
les loges et quartiers d'esclaves, si l'homme n'entre
pas en
pénitence.
Image: un château-fort
du futur moyen-âge

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20 mai 2008
(0082)
lévi-strauss
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La
semaine dernière, dans le salon d'attente de mon médecin, je
feuilletais un magazine. Qui attendrait d'une publication
vulgaire, même écornée et salie comme un vieux livre, qu'elle évoquât
Claude Lévi-Strauss, le philosophe ethnologue? Et encore, elle le fît
par une ânerie. On y lisait: "Lévi-Strauss sera en Mai 2008 le premier
écrivain
vivant
édité dans La Pléiade." Je ronchonnai au-dedans: "Faux! Ces
journalistes disent n'importe quoi. La Pléiade édita Julien Gracq
plusieurs années avant sa mort. Mes enfants me l'avaient offert
alors..." mais ma
pensée s'éleva vite. Je regardai le plafond. C'est fou, les souvenirs
qu'on retrouve au plafond! Le long des stucs salis et pelant
accouraient mes vieilles impressions de lecture
de "Tristes Tropiques," dévoré à Lyon vers 1958.
Ce grand mécréant de Lévi-Strauss — je fus
moi-même un
mécréant
jusqu'à trente ans et quelques — a beaucoup réfléchi et nous a fait
beaucoup
réfléchir.
Toute pensée qui moud et remoud la vie doit quelque
chose à cet homme-là.
Ainsi
ma pensée sans talent, que le Père utilise quand même pour s'exprimer,
doit-elle beaucoup aux grands penseurs, Lévi-Strauss entre
autres. Il a poussé ma génération à
reconnaître la relation structurelle — d'où un grand mot un peu pédant:
structuralisme — entre nature et culture, que "l'intellectuellement
correct" avait jusqu'alors considérées
comme strictement étrangères l'une à l'autre.
Lévi-Strauss
serait-il surpris ou même irrité de nous voir, nous Pèlerins d'Arès,
justifier par ses conclusions notre retour de la
culture vers la nature entre lesquelles il a montré les engrenages
permanents? Je ne sais pas, mais qu'il le veuille ou non, cet incroyant
extrême fournit un argument de poids aux croyants extrêmes que nous
sommes, contre nos détracteurs. Parce que nous avons
renoué avec la vie spirituelle naturelle, parce que nous sommes les
sauvages renaissants dans le plus noble sens du mot — les
sauvages de Dieu —,
la religion, qui est toute culturelle, voit dans notre foi naturelle un
grand danger et, de concert avec trois cents gueules,
les
autres vieilles voix culturelles (Rév
d'Arès xLv/2), nous dévalorise,
mais, oui assurément, contre elles Lévi-Strauss nous a donné l'argument
qui rassure la
raison.
Lévi-Strauss
me gratifie sous deux aspects:
Son aspect négatif. Lévi-Strauss
est de ceux
qui me fournissent l'envers d'un nécessaire contraste,
dont La Révélation d'Arès est
l'endroit. L'athéisme total de Lévi-Strauss est une de ces ombres dont
j'ai besoin pour mieux voir la Lumière. Toute réflexion, toute
méditation
est débat et en tout débat, même intérieur, j'ai appris que les
contradicteurs, surtout bons et intelligents comme Lévi-Strauss,
contribuent autant que les approbateurs à faire réfléchir. À moi,
chargé d'un prophétisme universel par Jésus, le Créateur et quelques
anges, que j'ai rencontrés comme Lévi-Strauss a rencontré les Indiens
du Mato Grosso et d'Amazonie, c'est-à-dire sans
l'avoir cherché... À moi, gribouilleur et
philosophard,
qui n'écris que parce que le Père me l'a demandé (Rév
d'Arès 33/10), un talentueux Lévi
Strauss, athée et même, dit Lévinas, plus qu'athée,
complètement indifférent à la notion de Dieu, me fournit
la nuit nécessaire pour qu'apparaissent l'Aube,
puis le Jour.
Autre
aspect négatif de Lévi-Strauss: Il a taxé l'existentialisme de Sartre,
également incroyant, mais penseur plus sensible à la complexité
humaine, de "métaphysique
pour
midinettes" comme il taxerait probablement La
Révélation d'Arès de mythologie
pour gobeurs. Cette sorte d'anti-existentialisme ou même
d'antihumanisme de Lévi-Strauss — qui n'est pas inhumanité — au
sens où, parallèlement à Derrida, il a déconstruit les convictions
morales... et spirituelles, tant de réalités intérieures de l'homme sur
quoi repose mon espérance, renforce le
contraste dont
j'ai besoin pour expliquer au monde ce que je crois et pourquoi je le
crois.
Son aspect positif est lié à celui déjà évoqué. Lévi-Strauss a
exhumé une vérité capitale: La pensée sauvage — qui est aussi le titre
d'un de ses livres, "La Pensée Sauvage" —
n'est absolument pas une forme débile ou infantile de la raison. Dans
les
sociétés dites primitives, la pensée et
toutes les opérations intellectuelles ne sont pas différentes des
nôtres, si tant est que notre pensée soit vraiment brillante. Merci,
Claude Lévi-Strauss,
d'avoir démontré que la foi des Pèlerins d'Arès, foi sans théologie
ni intellectualisme, vaut les convictions de la religion ou du
rationalisme cultivés.
Il faudrait des pages et des pages pour seulement résumer
l'intérêt de l'œuvre de Lévi-Strauss, notamment sa critique d'une
humanité technique aussi acharnée à détruire la terre qu'incapable de
générer la vertu. Hélas, ceci n'est qu'un blog dont la nature est de
brièveté. Toutefois, avant de finir, je bats ma coulpe pour avoir pensé
du mal d'un magazine, qui, parce qu'il est vulgaire, dit à tort que
Lévi-Strauss serait le premier vivant
que la Pléiade éditerait. En ouvrant, tout à l'heure le moins vulgaire
des livres, la Webster's New
World Encyclopedia (éd.1992), je lus ceci: "Lévi-Strauss, Claude,
1908-1990..." Or, Lévi-Strauss, loin d'être mort en 1990, aura
cent ans en novembre 2008. Nous lui souhaitons longue vie encore! Ce
qu'on trouve dans les livres les plus sérieux —
une encyclopédie! —
peut toujours être mis en
doute.

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